Découvertes pixellisées

DETROIT BECOME HUMAN : Quand des robots questionnent notre empathie

Avec Délia j’ai découvert David Cage il y a quelques années, lorsque j’ai acquis ma PS3 dans un pack avec Beyond : Two Souls et The Last of Us. Beyond fut ainsi ma première expérience avec la machine, et j’avais été intrigué par son schéma narratif volontairement déstructuré. Alors quand j’ai trouvé Detroit : Become Human pour une poignée d’euros en novembre 2018, j’ai sauté sur l’occasion ! Et à noël quand je l’ai découvert avec Délia, j’ai réalisé que j’avais très bien fait de me procurer le jeu de Quantic Dream…

Detroit nous permet d’incarner, en l’an 2038 aux États-Unis, trois personnages aux parcours très différents. D’abord il y a Connor, un androïde conçu pour assister la police dans l’investigation d’affaires criminelles. Depuis quelques temps, des androïdes normalement conçus pour servir les humains se mettent à dysfonctionner sans qu’on comprenne pourquoi. Dans les cas les plus graves, cela résulte en le meurtre de leur maître. Connor est missionné sur ces affaires d’androïdes déviants, afin de trouver la cause du problème et l’endiguer.

Source : Gamingdragons

Ensuite, il y a Kara, une androïde récemment envoyée en réparation par son maître. On commence à suivre son histoire alors qu’elle est exposée en magasin, avant d’être récupérée par son propriétaire. Puis elle retourne dans son « foyer », où l’attend une petite fille très farouche du nom d’Alice. On comprend très vite que la petite famille manque de véritables liens. La violence du père d’Alice imposera au joueur de faire un choix : en tant que Kara, doit-il obéir à son maître, quelles qu’en soient les conséquences ? Ou bien préfère-t-il courir le risque de désobéir aux ordres de son maître ?

Source : play3.de

Pour finir, nous découvrons Marcus, qui s’occupe d’un homme âgé et durement touché par la maladie. Par un mauvais concours de circonstance, la vie de Marcus va un jour changer à tout jamais. Il est l’un des personnages qui évolue le plus dans son parcours personnel. C’est sans doute pour cela qu’il a été mis en avant sur la jaquette. Mais les deux autres androïdes brillent également à leur façon : Kara avait teasé le jeu en 2012 avec une vidéo tournant sur PS3 ! Quant à Connor, sa voix française n’est autre que celle de Spider Man : Donald Reignoux ! (The Amazing Spider Man au cinéma, et le récent jeu sur PS4)

Source : dualshockers

Alors je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas particulièrement attiré par les nouvelles technologies, en tout cas moins que Délia. J’ai un smartphone mais les applications que j’utilise se comptent sur les doigts des mains. J’achète généralement une console deux à trois ans après sa sortie, et je n’ai pas de télévision connectée ou de casque VR. Du coup mon attrait pour ce jeu n’était pas garanti… Quand je l’ai acheté, j’en avais certes entendu parlé, mais je n’avais pas fait beaucoup de recherches dessus. Je connais un livre d’Isaac Asimov, mais ça doit être tout ce que j’ai lu dans le domaine de la science-fiction sur ces dix dernières années. Mais l’oeuvre de David Cage n’est absolument pas hermétique aux personnes dans mon cas : on est très vite accroché par l’univers dans son ensemble.

Je pense qu’un des éléments expliquant cette réussite, c’est que le monde modélisé nous apparaît très vivant. Et je ne parle pas seulement du réalisme graphique, chose après laquelle tous les développeurs courent à folle vitesse depuis la génération de consoles précédente. Certes le jeu est beau, mais il est surtout bourré de petits détails qui montrent toute la réflexion de l’équipe de développement.

Par petits détails, je parle de ces conversations qu’on peut écouter en se promenant, du journal télévisé qu’on peut suivre à notre guise au lieu de suivre l’intrigue sans détour. Mais je parle aussi des interactions avec l’androïde qui nous accueille sur le menu, Chloé. Tous ses commentaires sont liés à notre progression, ou à d’autres paramètres que je vous laisse découvrir en sa compagnie. Et in game il y a également ces petites moues du visage que peuvent avoir les personnages, et qui remplacent à elles seules plusieurs mots. L’importance accordée aux détails va jusqu’à nous permettre de trouver différents journaux laissés par terre, sur un banc… Comme on peut voir dans la rue, en nous promenant près de chez nous. Bien sûr les journaux, en 2038, sont tous sur un support numérique ! Il suffit alors de glisser son doigt pour passer à la page ou à l’article qui suit. Les articles sont inspirés d’expérimentations bien réelles, déjà en cours dans certaines régions de notre monde. Ces articles fictifs nous montrent donc la ville de Detroit inscrite dans un contexte socio-politico-économique mondial. Et même si on ne quitte jamais cette ville, on a ainsi un aperçu de ce que les avancées technologiques en 2038 ont permis, et de leurs conséquences.

Source : collider

Je ferais bien deux reproches à Detroit, néanmoins. Le premier c’est la lenteur des personnages, incapables de courir de façon manuelle. La vitesse de déplacement est scriptée, et bien souvent elle ralentit inutilement l’intrigue. Dans le même ordre d’idées, je regrette qu’il soit impossible de passer les dialogues déjà lus dans une scène, comme on peut le faire dans Life is Strange par exemple. Cela rend la rejouabilité un peu longue à mon goût, sans raison.

Au-delà de ces deux aspects, je n’arrive pas à trouver de défauts au jeu. Les questions posées ou les touches à presser rapidement (quick time event) ne sont jamais insérés gratuitement. Ils servent vraiment dans les moments-clés, afin d’impliquer le joueur. Si ce concept n’est pas nouveau, l’ingéniosité dans son exécution permet à mon sens à Detroit de se démarquer.

Source : collider

De plus le jeu s’ancre dans notre réalité pour nous emmener avec lui dans un univers crédible, relié à notre Histoire et à l’actualité. Il questionne notre regard sur la technologie et notre empathie, à travers des choix ayant de réels impacts sur l’intrigue (finies les histoires linéaires des studios Telltale). Pour s’en convaincre il n’y a qu’à prendre le temps d’observer l’arborescence des possibles pour chaque chapitre terminé. Et je ne parle même pas de « la » fin du jeu, j’en ai vu une dizaine qui étaient complètement différentes les unes des autres !

Par ailleurs, outre ses graphismes photo-réalistes, le jeu peut également se vanter d’avoir une OST qui colle bien à l’atmosphère, tantôt oppressante, mais pouvant aussi être émouvante ou endiablée. Des scènes, déjà épiques par elles-mêmes, sont sublimées par la mise en scène et la musique. Enfin, les doublages proposés en français sont d’excellente facture, et renforcent encore notre attachement envers les personnages.

Source : shacknews

Conclusion

Detroit : Become Human est donc, vous l’aurez compris, un énorme coup de coeur, pour Délia comme pour moi. Si vous aimez les jeux comme Life is Strange, scriptés mais en partie interactifs, vous passerez un très bon moment sur ce jeu. Débordant de détails, il nous montre un univers réfléchi, une histoire plurielle dont la fin n’est pas imposée par les développeurs, mais dépendant bien par vos actions. Il nous rappelle enfin à notre Histoire, et nous montre comment des atrocités qu’on pensait derrière nous, pourraient bien se reproduire à l’avenir… Mais il nous montre aussi que nous avons tous en nous ce qu’il faut pour ne pas en arriver là.

Source : bagogames

Cet article vous a été cuisiné par :

Daigo

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