les mondes de ralph et ralph 2.0 comparaison
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Les Mondes de Ralph VS Ralph 2.0

Rappelez-vous de cette année 2012, une année assez particulière du côté de chez Walt Disney Pictures. Deux films s’étaient bagarrés pour l’oscar : Pixar nous proposait l’histoire de sa princesse Rebelle Merida tandis que les studios Disney “se la jouaient” Pixar, en sortant Les Mondes de Ralph. Une oeuvre qui nous plonge au coeur de la vie des héros de jeux d’arcades, une vie virtuelle menée en parallèle avec le monde des humains.

Pour ma part, Les Mondes de Ralph était mon coup de coeur de l’année, me redonnant par la même occasion, confiance aux studios pour mettre en place de nouveaux univers au delà des contes traditionnels. En apprenant qu’une suite était en préparation, j’étais particulièrement impatiente. Au fil des actus, je ne m’attendais pas à voir un film de la même envergure mais au moins à une suite agréable. J’ai donc vu Ralph 2.0 au cinéma le jour de sa sortie française et… De nombreux points négatifs comme positifs me sont tout de suite venus en tête. Je vous propose donc de faire un point comparatif entre les deux films, car pour ma part, mes sentiments ont été quelque peu bouleversés pendant cette séance… Allez c’est parti, “un jeu à la fois” 🎮 !

 

Avant toutes choses...

En rédigeant cet article, je prend en compte que vous avez déjà vu au moins Les Mondes de Ralph (si ce n’est pas le cas… qu’attendez-vous ?!). Le fait est que je pourrais peut être argumenter sur certains éléments spoilant ou qui ne figurent pas dans les bandes annonces…

Après, l’objectif reste de vous donner envie de voir ou revoir ces oeuvres, et je serai ravie d’avoir votre avis sur le sujet 😉.

ralph et vanellope 1

Point n°1 Le scénario : Quand un méchant au grand coeur chamboule les jeux...et l’internet

Si l’on reprend l’histoire des Mondes de Ralph, Rich Moore (le réalisateur, qui a aussi contribué à Zootopie en 2016) nous a offert ce qui s’avère être un Toy Story like en version Jeux Vidéo.

Les actions de ces héros pixellisés ont alors un impact sur la perception des humains lorsqu’ils jouent aux bornes. Cette problématique est fidèlement intégrée dans le premier comme dans le deuxième film. Cependant, dans le premier, l’absence de Ralph lors d’une partie impliquant que le jeu est cassé pour les humains (cela montrait par la même occasion, l’importance de son existence dans le jeu !) était à mon sens plus fort et plus simple à résoudre que ce qui est proposé dans Ralph 2.0. L’intrigue de Ralph 2.0 reposant sur la recherche et l’achat de la manette de Sugar Rush, cassé par un joueur à cause du fait que Vanellope ne suivait plus les directives…

Source : Blog jerem77

Ces intrigues sont toutes les deux engendrées par un chamboulement provoqué par Ralph La Casse. Dans Les Mondes de Ralph, son absence pour partir à la recherche d’une médaille est vu comme un geste “égoïste” (alors que c’est plus un acte qui montre sa détresse, plus que son égoïsme au final) et dans le 2, il tente de donner un peu de nouveauté dans les courses de Vanellope sans anticiper des conséquences que cela a pour le jeu en tant que tel.

Nous avons donc dans le premier cas, des valeurs très fortes sur la connaissance et l’acceptation de soi, de l’amitié et de l’honnêteté. Tandis que la moralité de Ralph 2.0 repose sur l’amitié avec un grand A. Quand Ralph apprenait à réfléchir avant d’agir, à voir plus loin sur les conséquences de ses actes dans le premier film, dans Ralph 2.0 il apprend juste à faire le deuil de… l’omniprésence de sa meilleure amie (?). C’est assez dommage d’en arriver là je trouve, quand on se souvient que Les Mondes de Ralph finissait sur une très belle scène : Ralph porté par les résidants du haut du building en fin de partie, profitant de la vue pour voir Vanellope de l’autre côté, et heureux d’avoir pu changer le destin de cette petite. Qui plus est, on sentait que la relation entre Ralph et les autres personnages s’était améliorée, ce qui ne fait pas de Vanellope sa seule amie…

Source : Les Mondes de Ralph

Une autre chose qui m’a un peu fait tiqué dans Ralph 2.0, c’est le fait qu’internet est amené comme la solution à tout pour Vanellope. Ce monde rempli de nouveautés et bien plus vaste que l’arcade qu’elle connait par coeur depuis 6 ans a, en l’espace de quelques heures, beaucoup plus d’intérêt. C’est certes une réalité, pour nous les Hommes aussi, c’est une ressource dont on ne peut se passer aujourd’hui. Cependant, la voir abandonner complètement son jeu pour rester dans l’internet m’a donné un sentiment un peu amer et me rappelle mon adolescence, lorsque je préférais m’enfuir sur le net plutôt que d’affronter le quotidien de la vraie vie… Pour moi Vanellope n’a pas fait le bon choix, du moins, un choix qui ne repose pas sur une moralité intéressante auprès des plus jeunes.

Source : Blog jerem77

Enfin, et là je touche sûrement un sujet sensible, je trouve ça très limite de faire la promotion du gain d’argent par des memes dans un dessin animé. D’abord parce qu’accumuler autant d’argent (+ de 43 000€ me semble-t-il) en 8h c’est complètement aberrant, et montrer que l’on peut gagner de l’argent en copiant des vidéos (alors que…c’est un vrai métier être youtuber aujourd’hui) amène à une morale monétaire vraiment douteuse…

Point n°2 : Des personnages beaucoup moins marquants

Concernant les personnages en eux-même, j’ai pour le coup été vraiment déçue… Je suis dans l’ensemble, du même avis que Mayo-Lek à propos de Ralph notamment. Toute la psychologie du personnage dans le premier film était vraiment touchante, mais dans cette suite, Ralph est simplement insupportable et idiot au possible. Ce modèle de grand frère attachant avec un coeur grand comme ça est devenu en 6 ans un gros benet qui ne vivrait que par l’amitié -toxique- qu’il entretient avec Vanellope… Déjà pendant la séance j’ai eu du mal à y croire tellement on rétrogradait un max. Le simple fait de le voir sortir sans arrêt le coeur-médaillon en biscuit me déprimait : ce symbole du héros est devenu, grâce à Ralph 2.0, un doudou faisant l’objet d’un grave problème que l’on pourrait évoquer en séance chez son psychologue…

Source : traileraddict

Ce qui m’a également attristé, c’était de voir à quel point les personnages secondaires étaient mis en retrait dans cette suite. Felix Fix Jr et Calhoun, qui formaient un duo ma foi fort sympathique (permettait de marquer des pauses amusantes dans l’intrigue principale, ajoutait une romance entre le rétro et le moderne) sont presque inexistants dans Ralph 2.0. Il n’ont aucun rôle majeur à jouer et on ne les voit qu’au début et à la fin, “juste histoire de”.

Source : epixod

Les Mondes de Ralph avait également un personnage fort, un antagoniste non des moindre en la personne de sa Sucrerie. Un héros pixellisé qui cache vraiment bien son jeu jusqu’au bout… il est pour moi indétrônable ! Ralph 2.0 a misé sur le fait de ne mettre aucun réel antagoniste… un choix qui se tient après tout. Même si personnellement j’aurai bien vu Yesss en maîtresse des algorithmes malveillante, qui voyant que Ralph générait de plus en plus de “coeur”, aurait pu chercher à le séquestrer pour toujours sur la plateforme de vidéo. Au lieu de ça, c’est juste un personnage expert, gentil et… qui a une gestuelle attachante, point.

Pour finir, je trouve que Shank est… comment dire… comme dit Vanellope elle même : elle est belle, elle est cool, elle a de beaux cheveux… Mais c’est tout. Elle n’a aucune profondeur à part sa gentillesse et son talent pour la course. En fait en sortant du cinéma je ne me souvenais même plus de son nom, c’est dire…

Point n°3 : Les références et la marque Disney dans la license

Les Mondes de Ralph avait été reconnu (et aussi critiqué) par sa multitude de références sur les jeux vidéos et les marques de confiseries. La plupart étaient bien placées et très amusantes. Il est plaisant encore quelques années plus tard, de revoir ou même de découvrir par hasard de nouveaux clins d’oeil. Pour ce 2ème film, on suit le même cadre, sauf que cette fois cela touche les réseaux sociaux, les GAFA et les franchises de Disney lui-même. Outre la représentation d’Ebay ou de l’équivalent de Youtube qui sont vraiment réussis, on a droit à des références amusantes sur les pop-up et les publicités que tout le monde reconnaitront.

Pour la représentation de l’”empire” Disney, ils ont choisi d’utiliser le site Oh My Disney, qui je trouve est une référence excellente. Les tests “Quelle princesse es-tu?” ou encore la blague sur Je s’appelle Groot m’ont vraiment fait rire. Ca tombe très bien et ça permet de ralentir un peu l’action. Evidemment, je n’oublie pas cette séquence qui je pense est déjà iconique, de la rencontre entre Vanellope et les princesses Disney. Franchement, qui y résiste ? Cette séquence à elle seule d’autodérision mérite un oscar.

Après, lorsque l’on voit toute cette partie du film, ça donne un peu l’impression qu’ils cherchent à tout prix à affirmer la possession de Les Mondes de Ralph à l’effigie de la souris aux grandes oreilles (nan mais sérieux, -alert spoile- ils déguisent même Ralph en Blanche Neige à la fin, si ça c’est pas de l’exagération…). C’est quelque chose qui à mon sens, n’avait vraiment pas lieu d’être accentué à ce point. C’est vrai, c’est drôle de voir les princesses Disney stéréotypées… mais Les Mondes de Ralph marquait la paternité de l’univers Disney d’une façon bien plus subtile à l’époque : avec ce simple logo rappelant par la même occasion, l’âge d’or des jeux Disney 8 et 16 bits 👇

Source : Les Mondes de Ralph

Ah et… une chose que je ne pardonne vraiment pas pour le coup : avoir fait chanter Vanellope. Là c’était vraiment pousser la parodie trop loin. Certes Vanellope est une princesse, mais elle a elle-même rejeté ce statut à la fin du premier film. Forcer le stéréotype à fond avec elle n’a donc aucun sens, qui plus est cette chanson n’offre rien à part un moment très gênant…

Source : Ralph 2.0

Point n°4 : La bande originale

Un rapide point sur la bande son des deux films. Pour moi, l’ensemble de la bande son des Mondes de Ralph par Henry Jackman était vraiment bonne. À chaque piste, on avait une parfaite harmonie symphonique entre le style vidéoludique et disneyien. De plus, on avait droit à une interprétation musicale pour chaque univers (Wreck-It Wreck It Ralph pour Felix Fix Jr par Buckner & Garcia, Sugar Rush! par le groupe japonais AKB48, Bug Hunt par Skrillex). Enfin, la chanson principale qui était interprétée par Owl City “When can I see you again” est à mon sens, bien plus mémorable que ZERO d’Imagine Dragons.

Ma conclusion :

Comme vous l’aurez sûrement compris, j’ai été dans l’ensemble déçue et je n’ai pas du tout accroché à cette suite. J’avais peut être trop d’attentes…après tout, c’est bien connu que les suites Disney font rarement parti des meilleures productions (Toy Story étant un Pixar, ça ne compte pas ^^). En fait, si on met à part le fait que c’est une mauvaise suite, Ralph 2.0 n’est pas un mauvais film. Même s’il y a une réelle application graphique (la scène finale d’accumulation de Ralph est bluffante disons-le) et de bonnes idées sur la représentation du web, ça reste un dessin animé très moyen pour moi. 

Il y a tout de même une chose que je lui reconnais à 100% : c’est sur sa communication. La campagne sur les réseaux sociaux qui a précédé le film a eu je pense, plus d’impact que le film lui-même (les memes de chats ont bien marché par exemple). Ils ont d’ailleurs bien joué sur cet atout : la scène du lapin mangeant des pancakes qui avait fait le buzz quelques mois plus tôt, n’apparaît que pendant les crédits juste après une note des personnages “tiens y’a une scène que j’adore que l’on a pas vu, pourquoi?”. Un brisage du quatrième mur réussi !

Source : Geekmpt

Enfin, un point commun qui reste tout de même commun aux deux films : cet effet TOO MUCH des références. Les critiques à l’époque sur Les Mondes de Ralph dénonçaient notamment le trop plein de sucre et de références aux bonbons dans Sugar Rush. Dans Ralph 2.0 c’est pareil, on a l’internet à l’état brut, avec toutes ses références, ses grandes marques et tout ce que l’on peut y trouver de génial… Ainsi sur ce point là, que l’on soit pour ou contre, cette caractéristique fait partie intégrante de l’univers et est toujours respectée dans ce second film.

C’est donc un film vraiment intéressant sur le plan communicatif et comment on peut percevoir le monde digital. J’aurai bien aimé pour ma part qu’ils fasse une morale sur le fait que si l’on trouve tout sur internet que c’est enivrant, cela reste une activité chronophage et qui ne doit pas empiéter sur la vraie vie… Malheureusement, tout comme l’univers des Mondes de Ralph en lui-même, ces problématiques n’avaient pas leur place dans ce film.

Cet article vous a été cuisiné par :

Délia

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