YOU Fedd my Geekness (Numerama)
Découvertes filmées

You, une fascinante découverte

Je ne te connaissais pas. Tu es un jour apparu dans ma liste de nouveautés Netflix à regarder, alors que je venais d’offrir cette nouvelle télévision connectée à ma mère. Je t’ai observée, j’ai cherché à te comprendre dès les premiers instants. Étais-tu une comédie romantique comme je les aime tant ? Ça ne m’aurait pas dérangé que ton histoire ait déjà été écrite 100 fois, je t’aurais sans doute regardée malgré tout. Caroline Kepnes est ta génitrice, avec son thriller appelé You, qu’elle a publié en 2014. Et maintenant les mots se matérialisent par le biais d’un écran, avec toi, une adaptation télévisée de ce roman. Mais je ne savais rien de tout ça quand je t’ai découverte. Et quelle ne fut pas ma surprise, quand j’ai appris à te connaître…

Source : TVQC

Bon allez, je vais arrêter de m’exprimer ainsi, car même pour quelques lignes je trouve cela un peu pesant ! J’espère néanmoins que cette introduction vous aura permis de comprendre un peu le ton adopté par cette série du genre thriller psychologique. Je me suis véritablement demandé, au début, s’il ne s’agissait pas d’une bonne comédie à l’anglaise des chaumières : notre héros est libraire, et on le découvre un jour alors qu’il suit du regard une de ses clientes… Le parfait point de départ d’une bonne romance, donc ! Et pourtant…

On comprend assez vite qu’en nous plaçant du point de vue de Joe, notre héros, l’histoire cherche à nous faire comprendre que cette femme, Guinivere (Beck), l’obsède. De façon anormale, vous dites ? Et en même temps, l’amour ne nous fait-il pas adopter ce type de comportement parfois ? Mais bon dans le cas de Joe, il y a quand même des points qui dérangent. Pour n’en citer qu’un : une fois qu’il s’est intéressé à Beck, il va tout faire pour se rapprocher d’elle, jusqu’à violer l’intimité de la jeune femme. En bon être humain du vingt-et-unième siècle, Beck est hyperconnectée. En effet elle poste régulièrement des photos d’elle sur les réseaux sociaux, sans vraiment se soucier de son anonymat. Il n’est donc pas très difficile pour Joe de s’introduire dans sa vie… Et une fois que nos deux protagonistes commencent à se fréquenter, on n’est pas au bout de nos surprises !

Source : Mamamia.com et ABC.es

Je ne vais pas en dire plus pour vous laisser vous faire votre opinion en visionnant. Je trouve que You est une série très prenante, qu’il est difficile d’arrêter quand on a commencé (heureusement, il n’y a que 10 épisodes de 45 minutes). Délia est d’accord avec moi, puisqu’elle l’a regardée encore plus vite que moi, sur mes conseils… Joe et Beck sont deux personnages que je trouve très attachants, avec leurs défauts, leurs manies, leurs faiblesses et la complicité qui les lie très vite.
Ces personnages entrent en contradiction avec tous les stéréotypes des héros de contes traditionnels qu’on nous a lus dans notre enfance. Et c’est intéressant car l’histoire de Caroline Kepnes est justement écrite comme un conte moderne : il en respecte la structure, tout en présentant une forme et un contexte correspondant au monde actuel (avec les difficultés sociales, l’hyperconnexion…).

Cependant comme tous les contes, You présente son lot d’incohérences qui peuvent gêner le spectateur. Un peu comme dans ces films d’horreur, où les personnages se séparent systématiquement avant de se faire massacrer un par un. C’est juste bête comme décision ; et dans You, les personnages font rarement preuve de plus de bon sens. Je ne peux pas en dire plus sans révéler l’intrigue, mais il y a vraiment des choses qui paraissent invraisemblables pour une histoire se déroulant dans les années 2010.

Source : Narcity

Un élément n’a cependant pas été laissé au hasard, et il s’agit d’un point central : l’identité du héros. Joe étant libraire, il aime beaucoup les livres, ce qui est presque une condition indispensable au bon exercice de son métier. Et en écoutant ses pensées, on constate qu’il est très imprégné de ses lectures, puisqu’il raconte sa vie comme s’il s’agissait d’un conte, avec une fin déjà écrite. Tout petit élément perturbateur n’est donc pour lui jamais qu’une petite épreuve à surmonter, avant d’arriver à un final déjà parfaitement clair pour lui. On comprend aussi que ses lectures l’ont façonné dans le rôle qu’il incarne à certains moments (là encore, je ne peux en dire plus !). Bref, le parallèle entre la littérature classique et cet univers moderne est assez intéressant à observer, tout au long de la série.

Source : Upthrust.co

Par ailleurs, un bon point qu’on ne peut enlever à l’intrigue (en tout cas dans la série), c’est qu’elle floute de la plus belle des façons les frontières entre le bien et le mal, la normalité et l’anormalité. Même si le spectateur a des doutes sur certains personnages, un évènement peut l’amener à revoir son jugement. On se questionne beaucoup sur les intentions cachées de chacun des protagonistes majeurs de l’intrigue, jusque dans les derniers épisodes.

Conclusion

Je me demande si tu es faite pour moi. En te regardant davantage, c’est sûr je vais apprendre à t’aimer. Je pourrai revoir nos meilleurs moments autant que je le voudrais. Même si quelque chose chez toi me dérange, ce ne sera sans doute rien qu’il ne me soit possible de surmonter. Car je suis prêt à tout pour toi, tu le sais. Tu veux que d’autres te regardent, comme je le fais en ce moment ? Et tu veux donc que je les invite à t’observer ? J’avoue que l’idée ne me plaît pas trop. Je vais détourner la conversation en reparlant de ta deuxième saison qui approche, et tu n’y penseras plus…

Cet article vous a été cuisiné par :

Daigo

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